L’essentiel à retenir : destiné aux agents souffrant d’une pathologie invalidante, le congé de longue maladie assure une protection statutaire cruciale. Ce dispositif permet de conserver l’intégralité du traitement indiciaire durant la première année, avant un passage à demi-traitement, garantissant ainsi une sécurité financière indispensable pour se consacrer aux soins sur une période maximale de trois ans.
Le congé longue maladie suffit-il à protéger le fonctionnaire contre la précarité en cas d’affection grave ? Ce dispositif offre un maintien de salaire indispensable, à condition de surmonter un formalisme administratif souvent lourd. Nous détaillons les critères d’octroi et les garanties financières pour vous permettre de sécuriser vos droits durant cette épreuve.
- Qu’est-ce que le congé longue maladie et qui peut en bénéficier
- Durée du congé et maintien de votre salaire
- Le cas particulier du clm fractionne et vos obligations
- La fin du conge et la reprise de vos fonctions
Qu’est-ce que le congé longue maladie et qui peut en bénéficier

Les critères médicaux et l’accès au droit
Le Congé de Longue Maladie (CLM) cible les fonctionnaires frappés par une pathologie lourde. Cette affection rend l’exercice des fonctions impossible. Elle impose un traitement prolongé et des soins thérapeutiques coûteux.
La gravité du mal doit être prouvée par un certificat médical précis. Le dossier passe ensuite devant le comité médical compétent. Ce dernier valide l’inaptitude temporaire de l’agent. C’est bien plus strict que le congé de présence parentale.
Ce dispositif couvre aussi bien les titulaires que les stagiaires en activité. Le statut administratif importe peu face à la maladie.
Les démarches administratives pour une première demande
L’agent adresse sa demande directement à son administration employeur. Le médecin traitant fournit un certificat détaillé sous pli cacheté. Ce document confidentiel constitue la pièce maîtresse du dossier.
Le conseil médical examine ensuite la situation pour rendre un avis éclairé. L’administration tranche finalement sur l’octroi du congé. Cette procédure administrative s’avère souvent longue et anxiogène.
Voici les documents indispensables pour constituer le dossier administratif :
- Certificat médical du médecin traitant
- Demande écrite de l’agent
- Avis du conseil médical
- Arrêté de l’autorité administrative
L’agent doit se rendre disponible pour les contre-visites. Tout refus suspend immédiatement les droits.
Durée du congé et maintien de votre salaire
Une fois le dossier validé, la question financière devient le nerf de la guerre pour maintenir son niveau de vie durant l’arrêt.
La règle des trois ans et le plein traitement
Le congé de longue maladie s’étend sur une durée maximale de trois ans. L’administration l’accorde par périodes successives de trois à six mois. L’agent doit donc solliciter son renouvellement régulièrement.
Durant la première année, le fonctionnaire perçoit l’intégralité de son traitement indiciaire. Cette garantie offre une sécurité financière appréciable face à la maladie. Les indemnités de résidence et le supplément familial restent également maintenus.
Ce maintien intégral contraste avec d’autres dispositifs moins protecteurs. Il diffère notamment des règles appliquées pour le congé pathologique en matière de prise en charge. La différence de traitement est nette.
Le passage au demi-traitement et les renouvellements
Les deux années suivantes marquent un tournant avec une rémunération réduite à 50 %. Cette chute brutale de revenus fragilise souvent le budget des ménages. Il faut impérativement anticiper cette perte financière importante.
| Période | Rémunération | Primes (FPE) | Avis médical nécessaire |
|---|---|---|---|
| 1ère année | 100% | 33% | Non (sauf 1ère demande) |
| 2ème et 3ème année | 50% | 60% | Oui (Conseil médical) |
| Après 3 ans | Fin de CLM ou passage en CLD | – | Oui systématique |
L’agent doit adresser sa demande de prolongation un mois avant la fin de la période en cours. Le médecin expert intervient de nouveau pour valider la nécessité de l’arrêt. Cette étape administrative reste incontournable.
Le cas particulier du clm fractionne et vos obligations
Mais le CLM n’est pas toujours un bloc continu ; il existe une souplesse pour certains traitements lourds, assortie de devoirs stricts.
Fonctionnement et decompte du temps fractionne
Le CLM fractionné permet de s’absenter pour des soins périodiques lourds, comme une chimiothérapie. L’agent travaille ainsi entre les séances de soins. Cette organisation concilie santé et maintien dans l’emploi.
On décompte les jours réellement pris sur une base glissante de quatre ans. C’est assez technique pour les services RH. Le suivi demande une grande rigueur administrative.
Ce dispositif cible des traitements lourds nécessitant une régularité absolue. Les indications principales sont :
- Soins récurrents
- Dialyses
- Séances de rééducation lourde
- Chimiothérapies
La durée totale reste limitée à trois ans de service effectif. Le compteur tourne doucement.
Interdiction de travailler et controles medicaux
L’obligation de cessation de toute activité rémunérée est stricte. Le fonctionnaire ne peut pas cumuler son CLM avec un autre job. C’est une faute grave passible de sanctions lourdes. L’administration peut demander le remboursement des sommes perçues.
Les contrôles à domicile sont possibles. Un médecin agréé peut vérifier que l’agent suit bien son traitement. L’absence lors d’un contrôle est très risquée financièrement.
L’agent doit informer de tout changement de résidence. La transparence avec l’employeur public reste de mise.
La fin du conge et la reprise de vos fonctions
Aptitude, inaptitude et reclassement
Le retour au poste exige un examen de reprise impératif. Le conseil médical doit formellement confirmer que l’agent est apte. Sans cet avis tranché, la reprise est administrativement impossible.
Mais que faire en cas d’inaptitude avérée ? Si l’agent ne peut pas reprendre son poste, on envisage un reclassement professionnel. On cherche alors un emploi compatible avec sa santé. Parfois, la mise en disponibilité d’office est malheureusement nécessaire.
Le passage en CLD reste une issue. Si la maladie figure sur la liste spécifique des pathologies lourdes, on peut basculer vers un congé plus long. C’est une option protectrice.
Reconstitution des droits apres la reprise
Pour récupérer ses droits au CLM, la patience est de mise. Il faut avoir repris ses fonctions pendant au moins un an continu. C’est la période de service effectif exigée.
L’impact sur la carrière est souvent mal compris. Le CLM compte pourtant pour l’avancement et les droits à la retraite. C’est un point positif pour l’ancienneté globale de l’agent.
La gestion des congés obéit finalement à une logique stricte :
- Reprise à temps partiel thérapeutique possible
- Maintien des droits à l’avancement
- Reconstitution après un an de service
Si ce dispositif de protection sur trois ans constitue un filet de sécurité vital, la dégressivité brutale du traitement exige une gestion financière rigoureuse. Au-delà des impératifs médicaux, l’agent doit naviguer avec prudence dans les méandres administratifs pour garantir ses droits et préparer, dès aujourd’hui, les conditions d’un retour à l’emploi réussi.
FAQ
Quelles sont les maladies qui ouvrent droit au congé de longue maladie ?
Il ne s’agit pas tant d’une liste exhaustive que de la gravité de la pathologie constatée. Pour prétendre à ce dispositif, le fonctionnaire doit souffrir d’une affection invalidante qui nécessite un traitement et des soins prolongés, le plaçant dans l’impossibilité absolue d’exercer ses fonctions. Si certaines maladies sont fixées par arrêté, le conseil médical conserve la latitude d’émettre un avis favorable pour d’autres affections, dès lors qu’elles répondent à ces critères de sévérité.
Quelle est la rémunération perçue durant un congé de longue maladie ?
La protection financière s’érode avec le temps, ce qui constitue une réalité parfois difficile à anticiper. Durant la première année, le fonctionnaire conserve l’intégralité de son traitement indiciaire. En revanche, les deux années suivantes marquent une rupture brutale, le traitement étant réduit à 50 % dans la fonction publique territoriale et à 60 % pour l’État. Il faut noter que si le supplément familial est maintenu, les primes et indemnités subissent elles aussi une coupe drastique.
Quelle différence y a-t-il entre le CLM et le congé de longue durée (CLD) ?
La distinction opère principalement sur la nature de la pathologie et la durée de la couverture. Le congé de longue maladie est un droit générique de trois ans pour toute affection invalidante, tandis que le congé de longue durée est un dispositif plus spécifique, pouvant s’étendre sur cinq ans. Ce dernier est strictement réservé à cinq groupes de maladies lourdes : le cancer, les maladies mentales, la tuberculose, la poliomyélite et les déficits immunitaires graves et acquis.
Qui décide de l’octroi ou du renouvellement du congé ?
La décision finale appartient à l’administration, mais elle est très largement conditionnée par l’avis du conseil médical. Cette instance consultative examine le dossier constitué par le médecin traitant et peut diligenter une expertise auprès d’un médecin agréé. Si le renouvellement est quasi-automatique la première année sur simple certificat, le passage en demi-traitement ou la prolongation au-delà d’un an impose systématiquement un nouvel examen par cette instance.
A-t-on le droit de travailler pendant un congé longue maladie ?
Il est formellement formellement interdit d’exercer une quelconque activité professionnelle rémunérée durant cette période, sous peine de sanctions disciplinaires et de suspension immédiate du traitement. L’administration exerce un droit de regard strict : l’agent doit se soumettre aux visites de contrôle et signaler tout changement de résidence ou absence prolongée de son domicile. Seules certaines activités ordonnées médicalement à des fins de réadaptation peuvent être tolérées.