Dans le bâtiment, la grille ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) distingue huit niveaux, de A à H — déterminés non par le diplôme ni par l’intitulé du poste, mais par les fonctions réellement exercées.

Cet article détaille chaque niveau, les quatre critères classants qui en fixent l’attribution et les minima salariaux régionaux pour 2026.

Infographie — tableau classification ETAM BTP
Infographie — tableau classification ETAM BTP

Tableau de classification ETAM du BTP : huit niveaux de A à H

Niveaux A et B : exécution et première qualification

La convention repose sur des critères classants qui s’appliquent à chaque salarié selon ses fonctions réelles ; par usage, les niveaux A à D sont souvent associés aux employés et les niveaux E à H aux techniciens et agents de maîtrise, mais cette répartition n’est pas automatique.

La convention qui fixe cette grille est l’IDCC 2609, le code qui la désigne. Elle date du 12 juillet 2006 et est entrée en vigueur le 29 juin 2007.

Ces descriptions constituent des repères conventionnels, non une catégorisation automatique : le classement aux niveaux A et B repose sur l’appréciation globale des critères classants et des fonctions réellement exercées. À titre indicatif, le niveau A correspond à des travaux simples, répétitifs ou d’aide, réalisés sur consignes précises ; le niveau B se distingue par une première qualification et des travaux d’exécution moins complexes ou réalisés avec l’assistance d’un ETAM supérieur, dès lors que l’ensemble des critères le confirme.

Un CAP peut être pris en compte au titre du critère formation, mais il ne suffit pas à lui seul à déterminer le niveau B : le classement dépend aussi des fonctions réellement exercées et de l’appréciation de l’ensemble des critères classants.

Niveaux C et D : technicité courante et responsabilité des résultats

Au niveau C, les travaux sont courants et variés, et les problèmes à résoudre restent simples. Le salarié tient les objectifs et les délais fixés par sa hiérarchie, avec une technicité courante.

Le niveau D porte sur les mêmes types de travaux. La différence tient à deux points : on maîtrise les problèmes courants, et on répond de ses résultats devant sa hiérarchie. Ce n’est donc pas l’intitulé du poste qui tranche.

Niveaux E à H : encadrement, méthodes et conduite de projets

Ces niveaux constituent des repères conventionnels : leur attribution résulte de l’appréciation globale des critères classants et des fonctions réellement exercées, sans que ces descriptions désignent automatiquement tel ou tel poste. À titre indicatif, le niveau E implique l’exécution, le contrôle ou l’encadrement de salariés selon des méthodes établies ; le niveau F porte sur l’encadrement d’une équipe dans un contexte plus technique ; le niveau G concerne un projet d’envergure ou plusieurs équipes, avec des choix économiques et commerciaux ; le niveau H requiert en outre une expérience conférant une maîtrise complète du domaine. Pour viser le H, mieux vaut garder une trace écrite des projets conduits.

Quatre critères déterminent le niveau d’un salarié ETAM

Le niveau d’un salarié ETAM ne dépend ni de son diplôme ni de son intitulé de poste. La grille additionne quatre critères, qui comptent autant l’un que l’autre : activité et responsabilité, autonomie, technicité, expérience et formation.

Ce qu’on fait au quotidien pèse plus que le titre. Un diplôme seul ne suffit pas à fixer le niveau. Pour situer un emploi, il faut d’abord décrire les tâches par écrit. Ce réflexe évite bien des erreurs.

Pour situer un poste de conducteur de travaux alternance, il faut examiner ensemble quatre critères :

  • le contenu de l’activité et la responsabilité dans l’organisation du travail ;
  • l’autonomie, l’initiative, l’adaptation et la capacité à recevoir une délégation ;
  • la technicité et l’expertise mobilisées pour les tâches ;
  • l’expérience et la formation, y compris la formation professionnelle continue.

Minima 2026 : des barèmes régionaux, et non une grille nationale unique

Le minimum dépend de la région, du niveau et de la durée de travail. En Occitanie, l’accord régional est en vigueur depuis le 1er mai 2026.

Dans le Grand Est, la revalorisation commence le 1er novembre 2026. Pour les hausses déjà entrées en vigueur, il suffit de consulter augmentation des salaires dans le BTP. Un chiffre lu pour une autre région est vite faux.

Pour une durée de 35 heures par semaine, les minima mensuels bruts des niveaux A et H varient beaucoup d’une région à l’autre. Dans les quatre régions retenues, le niveau H dépasse le niveau A de plus de 1 400 €.

Critère Auvergne-Rhône-Alpes Bretagne Hauts-de-France Nouvelle-Aquitaine
Minimum mensuel brut, niveau A 1 834 € 1 868 € 1 871 € 1 838,24 €
Minimum mensuel brut, niveau H 3 341,81 € 3 354 € 3 426 € 3 423,86 €
Date d’effet 1er janvier 2026 1er octobre 2026 1er septembre 2026 1er janvier 2026

Du niveau au coefficient puis au salaire minimal, étape par étape

Niveau, coefficient et salaire minimal sont trois notions distinctes. Dans la grille 2026 d’Auvergne-Rhône-Alpes, chaque niveau A à H porte son minimum, défini selon le niveau, la position et le coefficient applicables. Quatre étapes mènent du niveau au salaire.

Pour la convention, voyez votre convention collective du bâtiment (moins de 10 salariés). Prenez la région, le niveau et la durée de travail. Comparez le salaire brut au minimum et au SMIC, et retenez le plus favorable. Le calcul vaut mieux qu’un intitulé.

Pour vérifier son salaire, il faut relever trois éléments sur le bulletin de paie :

  • le salaire de base, à comparer au minimum régional du niveau et au SMIC (1 867,02 € brut pour 35 heures en 2026) ;
  • la durée de travail rémunérée : à temps partiel, le minimum se recalcule sur les heures réellement prévues ;
  • la date d’effet de la grille : 1er octobre 2026 pour la Bretagne, 1er septembre 2026 pour les Hauts-de-France.

Diplôme et expérience : les repères de formation par niveau

Au niveau A, les compétences viennent d’une initiation professionnelle ou d’une adaptation préalable. Au niveau B, on trouve un CAP ou un BEP, ou une formation générale, technologique ou professionnelle.

Au niveau C, il y a un BP, un BT, un bac professionnel ou un bac STI, ou l’expérience du niveau B. Le diplôme ne décide pas seul. Pour ce parcours, on peut consulter la formation de conducteur de travaux BTP et son cursus.

Pour les niveaux D à H, le diplôme n’est qu’un repère parmi d’autres. Au niveau E, un BTS, un DUT ou une licence professionnelle constitue un indicateur utile, mais la classification repose sur les fonctions réellement exercées et les critères classants ; le diplôme seul ne détermine pas le niveau.

Le niveau se décide par les fonctions réellement exercées, pas par l’intitulé du poste. Il faut donc décrire ses tâches et les confronter aux critères de la grille. Mieux vaut cette démarche qu’un diplôme seul.

ETAM et ouvriers du bâtiment : deux classifications distinctes

Les ETAM, c’est-à-dire les employés, techniciens et agents de maîtrise, relèvent de la convention IDCC 2609, un identifiant de convention collective. Les ouvriers, eux, dépendent d’autres conventions, dont l’IDCC 1596 pour les entreprises de 10 salariés au plus.

La confusion est fréquente. Pour un ouvrier, la bonne référence est la convention collective batiment ouvriers btp. Une grille ouvrière ne se transpose donc pas à un ETAM.

Un niveau IV de la classification ouvrière ne donne pas un niveau ETAM. Il ne constitue pas, en lui-même, une règle conventionnelle d’accès au niveau E ETAM ; les deux classifications restent distinctes et indépendantes l’une de l’autre.

Demander quel niveau ETAM correspond à un ancien coefficient ouvrier ne mène nulle part. Le bon réflexe reste de lire la grille ETAM seule, sans jamais partir d’un coefficient ouvrier.

La grille ETAM se lit sur les fonctions exercées, et non sur le diplôme ni sur le titre du poste. Le minimum dépend ensuite de la région, du niveau et de la durée de travail.

Le prochain pas consiste à écrire ses tâches, puis à les confronter aux quatre critères. C’est l’étape la plus souvent sautée, et pourtant la plus utile.

Foire aux questions

Quelle est la différence entre un ETAM et un cadre dans le bâtiment ?

La différence tient au statut, non aux fonctions : un ETAM peut exercer des fonctions de niveau G ou H sans être cadre.

La convention permet d’examiner un passage vers le statut cadre à partir du niveau G, mais G ne rend pas cadre automatiquement.

Comment connaître la grille régionale applicable à une entreprise ?

La grille applicable dépend de la région dans laquelle l’activité est exercée, ce qui peut différer du seul lieu où est implanté le siège de l’entreprise. Il faut repérer cette région, puis vérifier la date d’effet de l’accord régional et le niveau ETAM du salarié. Une date d’effet oubliée fausse vite le calcul.

Un ETAM peut-il obtenir un niveau supérieur sans changer de diplôme ?

Oui. Aucun nouveau diplôme n’est exigé pour passer à chaque niveau : la grille prend en compte l’expérience acquise et les compétences issues de la pratique ou de la formation.

C’est une bonne nouvelle pour ceux qui ont appris leur métier sur le terrain.

Les ETAM bénéficient-ils d’une prime d’ancienneté prévue par la convention ?

Cela dépend de l’entreprise : la réponse se trouve dans les dispositions qui lui sont applicables. Il faut donc vérifier ces dispositions, puis le bulletin de paie : c’est là que la prime apparaît, ou non.